6 août

Ce matin je me suis réveillée en pensant : « Jamais plus je ne reverrai Sammi. Jamais plus je ne reverrai Dan. »

J'ai tellement peur de ne plus revoir papa.

Comment vais-je survivre si je ne revois jamais la lumière du soleil ?

 

7 août

Avant le dîner, je suis entrée dans la chambre de Matt pour voir s'il avait des livres à rendre à la bibliothèque demain.

Matt est arrivé au moment où je farfouillais dans ses affaires.

 Qu'est-ce que tu fiches dans ma chambre ? a-t-il crié.

J'étais tellement stupéfaite que je suis restée plantée là, sans rien dire.

 J'ai coupé du bois toute la journée, a-t-il ajouté. Je suis fatigué, sale, je crève de faim, j'ai Jonny sur le dos en permanence, et j'en veux à mort à papa de ne pas être resté ici pour s'occuper de nous.

 Je suis désolée, ai-je bégayé.

 Ouais, ben pas tant que moi !

 

9 août

Tout le monde est déprimé. On aurait pu penser qu'avec les réserves de nourriture qu'il y a dans la maison, nous reprendrions courage, mais il semblerait que non. J'ai remarqué que maman saute de nouveau le petit déjeuner, et ces deux derniers jours je ne l'ai pas vue prendre de déjeuner non plus. Comme Matt passe sa journée dans les bois, j'imagine qu'il ne déjeune pas. Il n'est pas très causant ces derniers temps.

Personne ne m'a imposé quoi que ce soit, mais je crois que je ferais mieux de me remettre au brunch.

Je suis terrifiée de voir maman manger si peu alors que nous avons tant de réserves. Ça veut dire qu'elle pense que tout ce que papa a apporté (et dont il reste l'essentiel après son bref séjour) ne va pas durer assez longtemps.

Il faut s'efforcer de croire que les choses peuvent s'améliorer. Je ne me souviens plus de la dernière fois qu'on a eu de l'électricité, ne serait-ce que quelques minutes au beau milieu de la nuit. Maman veille à ce qu'au moins l'un d'entre nous se rende en ville chaque jour pour consulter les nouvelles à la poste (c'est devenu le point d'information de la ville) ou pour voir s'il y a une distribution de vivres, mais nous rentrons tous bredouilles.

Il fait plus froid, aussi. Aujourd'hui, la température n'a même pas atteint 15°C.

 

11 août

Premières gelées. Légères, mais quand même.

 Pourquoi on reste ici ? m'a demandé Jonny ce matin. Tout le monde déménage dans le Sud.

 Tout le monde ne déménage pas, ai-je rétorqué, en partie parce que la question me mettait mal à l'aise.

Jonny n'a jamais été un grand bavard, mais depuis qu'il est rentré du camp, il est encore plus silencieux qu'avant. C'est comme si cette histoire l'avait rendu adulte avant même qu'il n'ait le temps d'être adolescent.

 La moitié des garçons du stage disaient que leurs familles avaient prévu de partir, a repris Jonny. Et le camp n'était même pas à moitié plein. Hier, en ville, je suis tombé sur Aaron, qui m'a raconté qu'avec tous les élèves qui ont déjà quitté la ville, il est question de fermer certains collèges.

 Aaron n'est pas ce qu'on peut appeler une source fiable.

 Son père travaille au conseil d'établissement du lycée.

 D'accord. Donc c'est une source fiable. Mais on ne va pas bouger pour autant, et tu ferais mieux de ne pas en parler à maman.

 Et toi, tu ne crois pas que nous devrions partir ? a-t-il insisté.

C'était tellement étrange : d'habitude c'est moi qui pose ce genre de questions à Matt.

 On ne peut pas abandonner Mrs Nesbitt. Et puis quoi ? Prendre la voiture, partir n'importe où, sans savoir où on va atterrir, sans même savoir où trouver de la nourriture et où habiter ? Il y a des gens capables de faire ça. Pas maman, si tu veux mon avis.

 L'un de nous au moins pourrait partir. Matt ou moi. Toi, tu resterais avec maman et Mrs Nesbitt.

 Tu es trop jeune. Alors arrête d'y penser. Tout ira bien pour nous. Nous avons des provisions, nous avons du bois, nous avons même encore un peu du fioul pour la chaudière. La situation va s'améliorer, obligé. On ne peut pas faire pire.

Jonny a souri :

 C'est ce qu'ils disaient tous. Et ils se sont tous trompés.

 

14 août

Ce soir, au dîner (poulet en conserve et macédoine de légumes), Jonny a lancé :

 Je sais que c'est bientôt mon anniversaire, mais je ne m'attends pas à recevoir des cadeaux. Donc, ne vous embêtez pas avec ça.

J'avais complètement oublié l'anniversaire de Jonny.

Quand j'énumère tout ce qui me manque, il faut que j'ajoute : faire les boutiques.

Maman a déclaré que Jonny se montrait très mûr pour son âge, et qu'elle devait l'admettre, elle n'avait rien pour son anniversaire. Mais elle ferait tout pour que ce jour soit spécial. Traduire : on aura droit à une conserve de légumes en plus pour le dîner, ou bien de la macédoine de fruits en boîte pour le dessert.

À moins que nous ne buvions l'autre bouteille de vin que Peter a apportée et que nous finissions tous sous la table.

Ça m'agace un peu que Jonny fasse ces démonstrations de maturité alors que moi non. Je ne peux pas vraiment dire : « Ne vous prenez pas la tête pour mon anniversaire », vu qu'il est en mars, et je crois que nous aurons d'autres problèmes à régler d'ici là.

Je suis revenue à deux repas par jour, mais, étant donné les circonstances, ce n'est pas franchement une grande démonstration de maturité.

Et aussi, même si personne d'entre nous n'en parle, nous sommes tous inquiets parce que nous n'avons reçu aucune nouvelle de papa. Le courrier est tellement capricieux, les lettres peuvent mettre des semaines à arriver, et beaucoup ne parviennent sans doute jamais à destination. Rien ne permet d'affirmer que nous devrions avoir déjà reçu un signe de lui, mais c'est terrifiant de l'imaginer, lui et Lisa, sur une route au milieu de nulle part.

Maman écoute la radio tous les matins, et je suis certaine que si le reste des États-Unis s'était évaporé, elle nous en aurait touché deux mots. Donc papa et Lisa sont sûrement sains et saufs, où qu'ils se trouvent.

Quand même, nous aimerions bien avoir de leurs nouvelles.

 

15 août

J'ai interrogé maman pour savoir si les choses s'arrangeaient. Tous ces trucs horriblesinondations, tremblements de terre, éruptions volcaniquess'étaient-ils enfin calmés ?

Elle a répondu que non, car la gravitation de la Lune ayant été modifiée, la situation ne pourrait jamais redevenir comme avant.

 Mais ça n'a pas empiré ? ai-je demandé.

Apparemment, maman n'avait pas très envie de répondre.

J'ai insisté :

 Ça va empirer jusqu'à quel point ?

Maman a expliqué que des volcans entraient en éruption dans les endroits les plus inattendus, comme à Montréal. Il paraît qu'il y avait là-bas un volcan qui ne s'était jamais réveillé parce que la croûte terrestre était trop épaisse, mais à présent que l'attraction de la Lune était plus forte, la lave avait enfin pu percer la croûte. Les volcans provoquaient des incendies, les tremblements de terre aussi, les tsunamis étaient de plus en plus importants, si bien que les côtes se réduisaient comme peau de chagrin, et avec tous ces gens qui fuyaient les lieux dévastés par les éruptions, les séismes et autres inondations, la situation se détériorait même dans les rares endroits stables.

Et, bien sûr, il fallait compter avec les épidémies.

Une fois que maman était lancée, pas moyen de l'arrêter : ici, il gelait depuis trois nuits, mais la Nouvelle-Angleterre et le haut du Midwest connaissaient un froid polaire depuis plusieurs semaines. Toutes les cultures étaient mortes.

Oh, et puis la terre avait tremblé juste à l'emplacement d'une centrale nucléaire, qui avait explosé ou quelque chose dans ce goût-là. Je crois que c'est en Californie.

 Tu vois maintenant combien nous avons de la chance ? a-t-elle conclu.

 Je n'ai jamais prétendu le contraire ! ai-je répliqué, parce que c'était la vérité.

Du moins c'était la vérité aujourd'hui. Tout ce que j'avais fait, c'était demander si les choses allaient mieux, ce qui n'est pas pareil que de dire que j'aurais voulu de l'électricité, un chocolat chaud et la télé pour pouvoir rêver.

Tous ces trucs auxquels je pense tous les matins au réveil et tous les soirs avant de m'endormir.

 Ne me parle pas sur ce ton ! a crié maman.

 Quel ton ? C'est toi qui as monté le ton ! Comment peux-tu me hurler dessus et t'attendre à ce que je me laisse faire ?

On s'est vraiment pris la tête. Ce qui ne s'était plus produit depuis des semaines, depuis cet épisode atroce à propos d'Horton. Elle me reprochait d'être une ingrate. De rester assise là sans rien faire. De m'apitoyer sur mon sort.

 Pour ça, tu as sacrément raison ! Et pourquoi je ne m'apitoierais pas sur mon sort ? Ma vie est assez pourrie comme ça, et rien ne me garantit que je vais m'en sortir vivante. Je suis clouée ici avec une mère qui me déteste. J'aurais dû partir avec papa et Lisa. Papa m'aime, lui au moins !

 Va-t'en. File. Je ne veux plus te voir.

J'étais tellement surprise que j'ai hésité un moment avant de sortir de la maison en courant. Mais une fois dehors, je n'avais aucune idée où aller. J'ai enfourché mon vélo et j'ai laissé mes jambes me guider. Et à ma grande surprise (mais pas à celle de mes jambes), j'ai atterri chez Megan.

La mère de Megan avait pris dix ans depuis le mois dernier. Mais elle a souri en me voyant, comme si me voir débarquer à l'improviste était la chose la plus naturelle. Au moins, elle ne me rappelait plus la mère de Becky.

 Megan est dans sa chambre, a-t-elle dit. Elle va être contente de te voir.

Je suis montée. Pendant un moment je me suis demandé ce que je fichais là. J'ai frappé à la porte en m'annonçant, et je suis entrée. Étendue sur son lit, Megan lisait la Bible. Elle était maigre à faire peur. Mais elle n'avait pas l'air folle ni exaltée, et de toute façon, de nos jours, on prend les gens comme ils sont.

 Miranda ! a-t-elle crié d'une voix perçante. Je suis si heureuse que tu sois là. Assieds-toi. Raconte-moi tout.

Ce que j'ai fait. Dans les moindres détails. Maman, les disputes, Jonny, Matt, papa, Lisa, Horton. Et comment Dan avait voulu m'inviter au bal de fin d'année, sauf que maintenant il était parti. J'ai dû parler non-stop pendant une demi-heure, et Megan m'interrompait seulement pour me poser une question ou marquer son approbation.

 Mince, a-t-elle lâché une fois que j'ai eu terminé. Tu vis un cauchemar.

Je ne savais pas si je devais fondre en larmes ou éclater de rire. C'est le rire qui a pris le dessus.

 Tu n'es pas la seule.

 Toi aussi ?

Megan a hoché la tête.

 Je m'accroche comme je peux. Mais même si je sais que c'est la volonté de Dieu, je voudrais savoir si l'âme de maman sera sauvée, et celle de papa aussi, et la tienne, et celle de tous les gens que j'ai aimés. Je n'arrête pas de prier mais je doute que ça aide. Nous sommes tous en enfer, Miranda.

J'étais sciée d'entendre Megan parler ainsi.

 Le révérend Marshall dit que Dieu nous punit pour nos péchés, que nous sommes tous des pécheurs. Je sais combien j'ai péché. La convoitise, Miranda. J'ai convoité de la nourriture si souvent. Et j'ai eu des pensées obscènes. Ne sois pas si choquée. J'ai seize ans ! Tu pensais que je n'en avais jamais eu ?

 Pour qui ? ai-je demandé.

Megan a ri.

 Tim Jenkins. Et James Belle. Et Mr Martin.

 Nous étions toutes dingues de Mr Martin. La moitié des filles de Howell High devraient aller en enfer si craquer pour lui est un péché. Mais Tim Jenkins ? Je n'aurais pas cru qu'il soit ton genre. C'est une brute, Megan.

 Je sais. Je pensais que s'il m'aimait, je pourrais le faire changer. Mais je ne le désirais pas uniquement sous prétexte de vouloir sauver son âme, si tu vois ce que je veux dire.

 Et le révérend Marshall croit que toutes ces catastrophes horribles sont arrivées parce que tu désirais Tim Jenkins ?

 C'est un peu simpliste comme vision, a rectifié Megan. Là où je voulais en venir, c'est que je ne suis pas moins pécheresse que les autres, sauf que je n'ai guère eu l'occasion de fauter. Je peux bien avoir eu des pensées obscènes, Sammi, elle, les a mises en pratique, et si Dieu est en colère contre moi, alors Il est en colère contre elle aussi. Et contre tout le monde sur cette Terre. Nous avons vraiment fait tout ce qu'il fallait pour ça.

 Parle pour toi, ai-je grommelé — et nous avons ri toutes les deux. Je n'arrive pas à croire que la Lune soit venue tout fracasser parce que j'avais envie qu'un garçon m'accompagne au bal de la promo. À quoi ça servirait que Dieu nous ait fait humains s'il ne veut pas que nous agissions comme des humains ?

 Pour voir si nous pouvons nous élever au-delà de notre condition. Eve a incité Adam à manger la pomme, et ce fut la fin du jardin d'Eden.

 On en revient toujours à la nourriture, pas vrai ? ai-je répliqué.

Et nous avons ri de nouveau.

J'ai du mal à expliquer ce que ça me faisait qu'on plaisante ensemble. Je sais que Megan est folle de se jeter dans les bras de la mort alors que tant de gens meurent sans avoir rien demandé. Et elle avait l'air d'un squelette ambulant. Mais c'était bien Megan. Pour la première fois depuis que tout avait débuté, j'avais l'impression de la retrouver.

 Je crois que je vais rentrer à la maison, ai-je dit. Je n'ai nulle part où aller, sinon.

Megan a hoché la tête.

 Miranda — elle a marqué une de ces longues pauses auxquelles tout le monde semble être abonné aujourd'hui —, Miranda, je ne sais pas si nous allons nous revoir.

 Bien sûr que oui. A moins que ta mère et toi ayez dans l'idée de partir ?

 Je crois qu'elle va s'en aller, une fois que je serai morte. Mais jusque-là, on ne bouge pas.

 Dans ce cas, je suis sûre qu'on va se revoir.

Megan a secoué la tête.

 Ne reviens pas. Je dois montrer à Dieu que je me repens sincèrement, et je n'y arriverai jamais si tu me fais penser à Tim Jenkins, à la nourriture, et à quel point les choses sont devenues horribles. Je ne veux pas être furax contre Dieu, et le fait de te voir me pousse à l'être. Donc je ne peux plus te revoir. Il faut que je fasse une croix sur notre amitié, parce que je n'ai plus grand-chose à sacrifier pour prouver à Dieu combien je L'aime.

 Je hais ton Dieu.

 Trouve-t'en un autre, alors. Va-t'en, Miranda, je t'en prie. Et si tu as des nouvelles de Sammi, dis-lui que j'ai prié pour elle chaque jour comme je prie pour toi.

 Je le lui dirai. Au revoir, Megan.

Et puis là, il y a eu un moment vraiment horrible. Jusqu'ici, elle n'avait pas bougé d'un pouce des coussins auxquels elle était adossée. Mais au moment où je m'apprêtais à partir, elle s'est arrachée à son lit, et je pouvais voir qu'elle avait tout juste la force de se tenir debout. Elle a dû s'appuyer contre moi pour m'embrasser, avant de s'écrouler de nouveau sur son matelas.

 Je vais bien. Va, Miranda. Je t'aime.

 Je t'aime aussi.

Là-dessus, je suis sortie de sa chambre en courant, et j'ai quitté les lieux sans même saluer sa mère. J'ai enfourché mon vélo. Je pédalais tellement vite que j'ai dû brûler trois jours de calories.

J'ai posé le vélo dans le garage et foncé dans la cuisine. Maman était assise. Elle pleurait.

 Maman ! ai-je crié, en me jetant dans ses bras.

Elle m'a serrée si fort que je pouvais à peine respirer.

 Oh, Miranda, Miranda, répétait-elle tout en sanglotant. Je suis désolée. Je suis tellement désolée.

 Moi aussi, je suis désolée.

Et c'était vrai. Pas pour ce que j'avais dit tout à l'heure. J'étais désolée d'avoir donné du souci à maman, et de ne rien pouvoir faire pour l'empêcher de s'en faire davantage.

Je l'aime tant. Dans un monde où tout ce qui est bon est devenu si rare, elle est une bonne personne. Parfois je l'oublie ou je ne l'accepte pas. Mais elle est une bonne personne, elle m'aime, et elle ne pense qu'à nous protéger, Matt, Jonny et moi.

Si Dieu cherche des personnes qui ont le sens du sacrifice, Il n'a qu'à s'adresser à maman.

 

18 août

C'est l'anniversaire de Jonny.

Matt a décidé de ne pas travailler cet après-midi et nous avons joué au base-ball, attrapant, lançant, ramassant et frappant à tour de rôle. Maman a donné un tel coup dans la balle qu'il a fallu cinq minutes à Jonny pour la retrouver.

Puis on est allés dîner chez Mrs Nesbitt. Je dois avouer que le changement était agréable — manger dans une autre cuisine !

Elle nous avait préparé un super repas. Nous avons commencé par une salade de fruits, puis des nouilles au thon en cocotte avec des petits pois. Pour le dessert elle avait fait les palets aux flocons d'avoine et aux raisins secs que Jonny aimait tant. Je pense que maman était contrariée de voir tous ces bons flocons d'avoine gâchés pour des biscuits, mais elle en a pris quand même deux. J'en ai mangé au moins quatre. Ma gourmandise me vaudra probablement un ticket première classe pour l'enfer.

Mais Mrs Nesbitt rayonnait de nous voir nous empiffrer. Elle devait avoir prémédité son coup depuis des semaines, et elle nous a eus par surprise.

Jonny a annoncé qu'il voulait faire un discours. Nous l'avons donc applaudi. Il s'est levé, et je suppose qu'il avait dû y réfléchir avant, car son message était proche de la perfection.

Il a déclaré qu'il savait combien les temps étaient durs et l'avenir incertain, mais que l'important était que nous soyons ensemble, et que tant que nous resterions soudés, nous pourrions nous en sortir. Il a même dit qu'il nous aimait.

Maman pleurait, mais c'étaient des larmes de joie. Je le sais parce que j'en ai versé quelques-unes moi-même.

C'est marrant. Je me rappelle si bien mon dernier anniversaire, les prises de tête avec maman parce que je voulais organiser une grande fête avec des garçons et des filles, et qu'elle voulait faire quelque chose de plus simple. Je lui ai hurlé : « Confiance », et en retour elle m'a hurlé : « Tentation ! ». La dispute a commencé le lendemain de son anniversaire et a duré jusqu'à la veille du mien. Quatre semaines de conflits pour une simple fête.

Au final c'était parfaitement réussi : garçons, filles, pizzas, gâteaux, pas de bière, et la dose nécessaire de frôlements incontrôlés.

C'est dur d'imaginer que j'ai été jeune à ce point.

Je suppose que Jonny ne le sera jamais.

Chroniques de la fin du monde : Au commencement
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